Le café ne sauvera pas le retail.

Vogue ouvre un café, Guerlain sert un moka bleu, Balenciaga explore le wellness et Monocle transforme son univers éditorial en lieu de vie. Alors que nous n’avons presque plus besoin des magasins pour acheter, les marques n’ont jamais autant cherché à nous faire revenir. Le café ne sauvera pas le retail : c’est la fonction même du magasin qu’il faut réinventer.

Quand le luxe rend le monde désirable.

Crédit Photographie © Thibaut Thouzery

Dans une époque qui peine à imaginer demain avec enthousiasme, Chanel, l’hospitalité, la joaillerie et même les institutions culturelles remettent l’émotion, le jeu et l’émerveillement au centre. Et si le luxe retrouvait sa capacité à rendre le monde désirable ?

Est-ce que vous êtes le produit?

Salle d’un restaurant ou club parisien fréquenté, tables et clients sous un lustre, illustration de la culture du « voir et être vu ».

Des « happy faces » des restaurants aux VIP des clubs, certains clients ont toujours participé à la désirabilité des lieux. À l’ère de l’influence et de la data, ce vieux savoir de l’hospitality est en train de devenir un business.

Le goût des saisons

À mesure que nos vies deviennent plus technologiques et accélérées, notre désir de nature, de matières, de gestes et de saisons semble progresser. De l’outdoor chinois à l’hospitalité japonaise et à la mode de Stella McCartney, que raconte ce besoin de retrouver le rythme du vivant ?

Le retour du cérémonial

Service au guéridon et art de la table dans un restaurant ; titre : Le retour du rituel et de l’art de la table au restaurant ; légende éventuelle : Découpe, flambage, service au guéridon : certains gestes historiques de la restauration retrouvent aujourd’hui une nouvelle pertinence.

Chez Christofle, certains objets d’art de la table semblent aujourd’hui presque mystérieux. Pourtant, ils racontent des gestes que la restauration a progressivement abandonnés : découper, flamber, servir, mettre en scène. De la grande brasserie au restaurant gastronomique, le rituel pourrait aujourd’hui retrouver une fonction essentielle : créer de l’émotion et du désir.

La cravate est-elle encore obligatoire?

Les clients des palaces portent désormais jeans, sweats, sneakers et chaussures de running. Ceux qui les accueillent restent souvent en costume-cravate ou en tailleur. De mes années au lycée hôtelier au Lutetia, jusqu’aux nouveaux vestiaires de Sofitel, Waldorf Astoria ou Mandarin Oriental, une question : à quoi ressemble encore l’élégance dans l’hôtellerie de luxe ?

L’hospitality : nouveau label Lifestyle?

Sézane imagine des lieux où retrouver sa communauté. Hoxton fait entrer Lacoste dans ses chambres. Mais les hôtels ont aussi leurs propres matières, gestes et histoires à transformer en vêtements.

Et si les fermes devenaient les nouveaux hôtels de luxe?

De la Toscane au Perche, une nouvelle génération de fermes réinvente l’hospitalité de luxe. Cinciano, Reschio, Heckfield Place, Babylonstoren ou Grand Jardin mêlent agriculture, gastronomie, design, savoir-faire et culture pour inventer bien plus qu’un hôtel : un véritable art de vivre.

Et si le retail avait besoin de cultures?

Cafés, restaurants, sport, musique, expositions… Le retail se rêve expérientiel. Pourtant, les commerces ont toujours été des lieux de vie. Ce qui change aujourd’hui est ailleurs : certaines marques donnent désormais une adresse aux cultures qui existent autour d’elles.

Que devient une destination, sans fête?

Certaines destinations semblent avoir oublié que les vacances se vivent aussi la nuit. A-t-on moins envie de faire la fête, ou faut-il désormais partir ailleurs pour trouver où danser ?